Extraits de ma lettre ouverte aux adolescents

Chaque semaine je livre un chapitre de ma lettre ouverte aux adolescents qui ont entre 11 et 17 ans en 2020.

Voici le Chapitre 4 : Trouver sa place dans la société, trouver son activité professionnelle.

Ce chapitre s’adresse à ceux qui ont 15 ans, si ce n’est pas votre cas, passez au chapitre suivant, revenez y quand vous aurez 15 ans, vous aurez tout le temps d’y revenir à vos 15 ans. Vous avez la chance de vivre dans une société où vous pouvez terminer votre maturité émotionnelle avant de penser à un métier, alors profitez en.

Pourquoi se lève-t-on (hormis l’urgence de se nourrir, trouver un toit, ce qui est déjà une lourde tache pour plus de 40 % de la population du globe), quand une guerre ne préside pas à la vie des enfants ? Au bout du chemin, à mes yeux, il y a le vivre ensemble, qui nous attend tous, et chemin faisant, comment obtient-on, chacun d’entre nous, des signes de reconnaissance nourrissants dans sa vie professionnelle ?

Le plus important à mes yeux c’est sentir un ajustement possible, une influence possible sur sa vie, son milieu, son entourage, et alors la vie nous pousse à œuvrer vers de belles choses, et là nous sommes tous différents, et c’est cette différence de chacun qui fait la richesse de la société.

Ainsi dans un choix d’orientation professionnelle, y a-t-il cette part individuée, propre à chacun, qui fait que rien ni personne ne pourra décider pour un jeune, ce pour quoi il s’épanouira le mieux.

On peut avoir développé, notamment :

- nos capacités d’attention à l’autre, et avoir pris du plaisir à influencer et animer, et ainsi devenir animateur(trice), si alors la reconnaissance était au rendez-vous en ce sens.

- nos capacités à nous mobiliser dans l’action pour avoir du résultat, concret, et devenir un commercial ou un entrepreneur.

- notre capacité à faire preuve de rigueur, c’est-à-dire à faire ce qui est demandé dans une situation, avec méthode, et ainsi ont amené l’enfant puis l’adolescent à devenir rigoureux, et épouser un métier qui demande de la rigueur.

- notre capacité à échanger via un langage élaboré (pensée abstraite, mathématique ou/ et littéraire etc.), et devenir une personne mobilisant des ressources à tonalités intellectuelles, en privilégiant la visualisation avant l’action.

Ces 4 énergies fonctionnelles font que chacun passe la balle différemment à ses semblables, soit en réfléchissant, ou en privilégiant l’action, les autres en s’assurant du contrôle de l’échange, et enfin les animateurs en recherche d’échange et d’interaction avec l’autre.

Et ainsi le croisement de ces 4 énergies fonctionnelles nous donne tous les métiers et répond à ce que certains appellent une certaine «envie de transformation du monde» qui est propre à chacun d’entre nous.

Exemple : les personnes qui ont une dominante de rigueur (ou d’utilité) n’aborderont pas les choses de la même manière que ceux qui ont une tendance à l’animation, ou ceux qui sont orientés résultats, ou ceux qui ont une prépondérance pour l’intellectualité.

J’apporte ici un éclairage particulier sur l’intelligence concrète, orientée résultats :

La pensée concrète a été apparentée à de l’insuffisance intellectuelle, donc reléguée au rang des activités non désirables, comme l’apprentissage par exemple. Et ainsi la France a oublié que l’intelligence concrète, qui se manifeste avant tout par l’envie d’avoir du résultat, (et ainsi avoir une appétence pour le commerce ou l’entrepreneuriat, ou toute activité nécessitant un sens pratique ou un apprentissage sur le tas), cette envie d’avoir du résultat, est une intelligence spécifique, justement différente de l’intelligence abstraite.

Or, ce sont tous les tempéraments d’entrepreneurs, de commerciaux qui sont doués de cette intelligence, et cette intelligence a été peu valorisée en France jusqu’à récemment, alors qu’elle est particulière et utile à une société, ô combien. L’apprentissage mène aux réussites les plus brillantes, notre système éducatif a été longtemps très pauvre à ce sujet, mais cela change.

Quand j’ai un jeune en orientation scolaire, et que je vois qu’il ou elle a de l’intelligence concrète, je commence toujours mes entretiens en lui disant que je ne me fais aucune bile concernant sa vie professionnelle et qu’il ou elle se débrouillera toujours dans sa vie professionnelle, quelle qu’elle soit.

Quand j’ai des jeunes ou des personnes avec une composante d’animateur importante dans leur personnalité professionnelle, eux, je leur fais remarquer que leurs scénarios intérieurs qui les motivent sont subjectifs, et qu’il leur faut d’abord accepter cette part de subjectivité dans leur personnalité. Subjectivité qui fait des miracles, quand elle est utilisée à bon escient (ex : un leader qui n’aurait pas de subjectivité ne pourrait pas mobiliser les foules, car au-delà de son intelligence, c’est son charisme, qui constitue une bonne partie de son pouvoir agrégateur, utilisé à bon escient bien entendu).

En présence de personnes rigoureuses, quand je leur propose d’imaginer un monde idéal, ils me disent qu’il n’y a pas de monde idéal ! Qu’à cela ne tienne, leur dis-je, et je les écoute sur leur manière de s’insérer dans leur vie scolaire ou leur vie professionnelle qui sont ou ont été, souvent, un ajustement tout à fait incroyable à mes yeux, car les ajustements dont ils font preuve, sont d’une telle évidence pour eux, qu’ils ne peuvent même pas imaginer une autre façon de fonctionner et d’agir. (Exemples : les gens attirés par le service public.)

Les intellectuels, c’est assez facile en général de déceler leur énergie prépondérante, ils ont en général de bonnes notes dans des matières à résonnance de pensée abstraites à l’école.

Il est un livre, «La personnalité professionnelle», de Robert Jourda, que je conseille vivement, et qui propose un test bluffant, le test CGP (centre de gravité professionnelle) que j’utilise depuis bientôt une vingtaine d’années. Son usage en orientation, est bienvenu à partir de 15 ans, (avant 15 ans, on construit sa personnalité…)

L’activité professionnelle nous met en relation avec les autres, quelle que soit l’activité professionnelle, c’est une intéressante manière de voir l’activité professionnelle à mes yeux.

Ce qui nous a donné ce sentiment de vie, par cette influence sur notre milieu, donne du sens à notre vie, ce sens est propre à chacun d’entre nous... Car il est au final du domaine dans lequel on a surmonté des difficultés, ou dans un domaine dans lequel on s’est senti à l’aise.

Je ne connais pas de meilleur indicateur pour repérer si on a choisi un métier épanouissant que se demander, que ferait-on si on gagnait au Loto ? Si vous voyez que le métier ou l’activité changerait, creusez dans le sens de cette activité, on trouve généralement alors des valeurs très élevées qui méritent d’être déclinées en activité professionnelle. Et incarner ces valeurs est alors souvent un challenge intéressant, il faut que cela soit réaliste bien entendu, mais c’est à creuser.

 

Excellence professionnelle.

Cette prédisposition pour un type d’interaction avec son milieu, donnant un sens à notre vie, on se sent alors porté, et au-delà de sa personnalité professionnelle, on découvre alors son excellence professionnelle. Quand vous êtes dans votre Excellence professionnelle, vous obtenez des signes de reconnaissance facilement, car l’anticipation des besoins et des envies chez les autres vous est alors facilitée. (On lance alors la balle avec plaisir et dextérité aux autres.)

L’excellence professionnelle, on peut la déceler par exemple en se remémorant trois situations scolaires ou personnelles, dans lesquelles on s’est senti épanoui. Cela peut demander un accompagnement spécifique bien entendu. Un exemple parlant est l’architecte d’intérieur, qui voit d’emblée les volumes dans les espaces intérieurs. Autre exemple, mon excellence professionnelle est d’être un panseur de plaies psychiques, et d’accompagner les personnes à passer les obstacles sur leurs objectifs de vie. (Au vu de mon parcours de vie, vous l’auriez deviné…)

Après la reconnaissance de son excellence professionnelle, il y a la rencontre de chacun avec ce qui est possible à l’instant T dans une société ; et …ce «je ne sais quoi» de confiance en soi qui fait que l’on réussira à vivre de son appétence pour une activité.

Indépendamment de nos états d’âme à l’instant T, ou de nos baisses de moral, nous avons tous une excellence professionnelle !

Par exemple, je suis d’un tempérament d’animateur en termes de personnalité professionnelle, mais j’aide à métaboliser les difficultés des personnes quand je suis dans mon excellence professionnelle, croisement de deux facultés, qu’il est facile d’opérer quand j’ai des personnes qui sont sensibles à mon langage, plutôt dynamisant, et en même temps sensible à la mise en lumière des symbioses que je décèle, qui les empêchent d’avancer. Je ne peux donc pas accompagner toutes les personnes.

Je partage avec vous la genèse de mon métier de psy :

A 20ans, je me retrouve en quatrième année de droit.

Pourquoi des études de droit ? Parce qu’en mon for intérieur, je voulais faire de la politique pour participer à la vie de la cité et faire du bien autour de moi.

Et au détour d’une réflexion plus approfondie, J’ai pensé en mon for intérieur: «au lieu d’aller chercher une vie sociale qui serait de façade, tu vas te reconstruire et faire quelque chose de plus essentiel à tes yeux, et aider les autres à la cinquantaine». Et à ce moment-là je ne savais pas comment j’aiderai les autres. Je n’en avais pas la moindre idée.

J’ai réalisé ma vocation en m’installant comme psy à 47 ans, mais cela aurait pu prendre n’importe quelle autre forme dans mon esprit à ce moment-là.

A propos de votre personnalité professionnelle et de votre excellence professionnelle, personnes et ami(e)s à contacter dans l’éclaircissement de cette quête ?